Glengarry Glen Ross de David Mamet

Cette pièce de théâtre a été éditée en 1984 en anglais aux éditions Grove Press à New York et a reçu le prix Pulitzer. Elle a été traduite en français par Pierre Laville et publiée par les éditions Actes Sud en 1992. Un film en a également été tiré dont vous pouvez lire une excellente critique écrite par Carole Aurouet dans LA VOIX DU REGARD N° 14, automne 2001.

Analyse propose par Sophie Post et Thierry Nadisic

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Cette pièce de David Mamet relate deux jours de la vie de commerciaux dans une agence immobilière du Chicago des années 1980. Ils sont prêts à tout pour améliorer leur performance et conclure plus de ventes. Leur enjeu : obtenir de nouvelles fiches qui permettent d’accéder à des clients à très haut potentiel, les fiches « premiums » dites fiches « Glengarry » et fiches « Glen Ross ». Corruption, vol, flatterie, complots, menaces, intimidation, tout est bon pour les obtenir. Un petit nombre de personnages compose cette pièce: les six commerciaux et leur patron. Tous ont une identité bien campée. Une importance particulière est donnée au commercial Levene (la pièce s’ouvre et se ferme avec lui), excellent vendeur en son temps mais qui a récemment perdu la main. Tout au long de la pièce, on assiste à sa déchéance progressive. C’est un honnête homme d’abord. La pression de ses pairs et de ses supérieurs l’amènent ensuite à perdre son intégrité et son éthique, jusqu’à se perdre lui-même tout à fait. La chute de Levene fait écho à une pièce de Miller qui a remporté un franc succès en 1949: « The Death of a Salesman ».

« Glengarry Glen Ross », s’inscrit d’emblée dans un contexte dramatique : dans le Chicago des années 1980, une agence immobilière est le terrain de jeu des rivalités de salesmen en proie au stress immense de l’appât du gain et de la reconnaissance. L’œuvre affirme un style très direct, familier et dur. Les insultes volent, le langage est cru et grossier, David Mamet ne cherche pas à ménager ses lecteurs mais à dresser le tableau authentique d’un combat social et économique ou beaucoup de coups sont permis. La force des dialogues est telle que l’on vit une tension très grande à la lecture, de la toute première parole prononcée au point final de la pièce. Que ce soit entre deux commerciaux, entre un commercial et son patron ou entre un commercial et son client, il y a en permanence une confrontation motivée par la volonté d’une partie d’obtenir quelque chose de l’autre. La manipulation est omniprésente. Cette atmosphère de violence est rendue à l’écrit par l’agressivité verbale constante. A travers le cru des dialogues, le lecteur crée par petites touches, une image nette et saisissante des identités des personnages et des situations où ils se débattent.

« Glengarry Glen Ross » est représentatif de la middle class américaine au travail. Le real estate est un métier en effet commun et typique. Dans cette pièce Mamet nous montre comment une activité professionnelle peut dénaturer les principes humains d’êtres d’abord intègres et déshumaniser les relations qu’ils entretiennent. Il n’existe bientôt plus rien d’honnête ni de sincère entre les protagonistes. Levene, avant de tomber en déchéance, était appelé « machine » par ses collègues du fait de sa réussite presqu’automatique avec ses clients. L’une des dernières phrases de la pièce que lui lance un collègue est « ce n’est pas un monde d’humains ça, Machine ».

Twist out the Atlantic, Vanity Funfair, or Wheeling Pit. social role of education Because of these postings, more and more people are enticed to suit a writer. This theme would finally track to Newspeak.